Règlement des eaux usées des immeubles

La gestion des eaux pluviales en zones à bâtir est définie dans une large mesure. En règle générale, des solutions d'assainissement sont à mettre en oeuvre. Dans tous les cas, les autorités exigent une justification de la part du propriétaire foncier.

L'eau ruisselant des toits n'est généralement pas considérée comme polluée et peut donc presque toujours être infiltrée sur place.
L'eau ruisselant des toits n'est généralement pas considérée comme polluée et peut donc presque toujours être infiltrée sur place.

(knü) Laisser s'infiltrer ou évacuer ? C'est la question essentielle qui se pose quant à la gestion des eaux pluviales dans une zone à bâtir. La réponse est le plus souvent « infiltrer », étant donné que l'eau pluviale non polluée ne doit pas être évacuée par les canalisations. La gestion des eaux pluviales d'un terrain et de l'habitation concernée doit être entreprise de manière à ne pas charger inutilement la station d'épuration des eaux usées. L'eau ruisselant des toits n'est généralement pas considérée comme polluée et peut donc presque toujours être infiltrée sur place. « Ceci est absolument écologique et aussi moins cher que l'évacuation par les canalisations d'eaux usées » fait clairement remarquer Marc Wenger du bureau d'ingénieurs en géologie (BIG). « En principe, il convient cependant d'observer les dispositions communales » car l'assainissement des biens fonds ne laisse que peu de marge de manoeuvre. Les maîtres d'oeuvre sont tenus de toujours soumettre aux autorités communales une justification quant à la façon dont leurs dispositions ont été concrètement observées. Des solutions individuelles sont souvent demandées. Dans le cadre du plan général d'évacuation des eaux (PGEE), les communes exigent cependant de plus en plus fréquemment un raccordement aux systèmes d'assainissement et d'évacuation.

Métaux lourds sur le toit

Outre toutes les dispositions communales - notamment quant à la structuration du toit de l'immeuble et de l'espace extérieur de la parcelle en question - le cheminement de l'eau pluviale est également défini. La structure du toit contribue pour une part à la pollution de l'eau ruisselante. Les couvertures en cuivre ou en zinc peuvent s'avérer problématiques, raison pour laquelle une forte concentration de métaux lourds est à éliminer de l'eau du toit avant son infiltration. Par ailleurs, un toit plat mis en herbe en vue d'une rétention momentanée, peut réduire les pointes d'écoulement. Pour les villas familiales avec de relativement grandes variations, les conditions relatives à l'infiltration de l'eau pluviale et de ruissellement sont définies dans tous les cas. Marc Wenger, membre de la direction du BIG, conseille aux futurs propriétaires de villas de ne pas infiltrer l'eau sur les espaces en plein air et les places de parc mais plutôt de les doter d'une couche perméable. « Les briques à nid d'abeille sont une bonne solution » dixit Wenger. Les couches bioactives comme les pelouses filtrent en outre l'eau pluviale ou météorique et contribuent donc grandement à la protection de la nappe phréatique.

Biotope ou puits

Lorsque la terre de la parcelle ne se prête que relativement bien à l'infiltration de l'eau pluviale on peut, selon le géologue Wenger, lui apporter des améliorations spécifiques : « L'eau météorique conduite dans des biotopes ou des étangs est retenue et s'infiltre à retardement. » Lorsque l'environnement est entièrement saturé ou que le sol est glaiseux et peu perméable, on peut essayer de creuser une galerie souterraine ou un puits. Avec cette solution, le filtre d’humus fait toutefois défaut, ce qui donne l'impression d'une évacuation d'eau non polluée. De tels dispositifs doivent absolument être examinés d'entente avec les autorités communales. Par ailleurs, l'avis d'un hydrogéologue est recommandé.

En raison de leur potentiel de pollution, les immeubles industriels sont souvent assainis à travers des canalisations. Pour les immeubles locatifs, l'infiltration est prioritaire. Les propriétaires d'immeubles qui désirent laver régulièrement leur voiture, doivent doter la place de lavage d'un dispositif d'évacuation d'eau usée. Ce n'est qu'ainsi que la protection de la nappe phréatique est assurée et que le propriétaire foncier se met à l'abri d'éventuelles poursuites. Car la responsabilité quant à un système efficace d'évacuation des eaux incombe légalement au propriétaire.

Informations additionnelles

ImagePoint (Hans Dora) Imprimer l'article