Architecture : Habiter dans les combles

Un exemple dans la commune bernoise de Mattstetten illustre comment une ferme classée monument historique peut offrir un toit à quatre familles : grâce à un concept de « maison dans la maison », invisible de l'extérieur.

Cette ferme bicentenaire de Mattstetten a été transformée et partiellement rénovée en 2006 et 2011.

(mei) L'histoire de cette somptueuse ferme remonte loin dans le temps : elle a été construite en 1796 et transformée en 1856. Elle pourrait même avoir servi de poste de commandement à Napoléon, bien qu'aucun document écrit n'en atteste formellement. Lorsque ce bâtiment classé monument historique a été mis en vente en 2007, Bruno Stoll et ses co-maîtres d'ouvrage n'ont pas hésité longtemps : en tant qu'architectes au bénéfice d'une formation postgrade dans le domaine de la conservation des bâtiments historiques, ils avaient trouvé là un objet unique, pour eux et leurs familles.

Neuf et ancien conciliés de façon harmonieuse

De la rampe, on accède désormais aux deux appartements locatifs, situés dans l'ancien fenil.

En premier lieu, les maîtres d'ouvrage ont prouvé qu'ils attachaient une plus grande importance à leur vision qu'à l'aspect commercial : ils n'ont réalisé que deux des six nouveaux appartements locatifs pour lesquels l'autorisation de construire leur avait déjà été décernée. Ces deux unités, venant s'ajouter aux deux appartements en copropriété existants dans l'ancien corps de logis de la ferme, ont été intégrées dans l'annexe. Pour éviter que les différents résidents ne se marchent mutuellement sur les pieds, les deux appartements locatifs possèdent un accès séparé, qui n'est autre que la rampe classique de la dépendance, par laquelle les fermiers acheminaient le foin autrefois. Le reste de la vaste annexe a été laissé dans son état originel et sert aussi bien d'aire de jeux pour les enfants que de salle de fête pour les manifestions en tous genres. La partie extérieure a elle aussi été conservée : un grand jardin d'agrément relie le bâtiment à la route, tandis que de l'autre côté de cette dernière, on trouve un jardin potager ainsi qu'un imposant saule pleureur et un étang.

La « maison dans la maison », avec ses loggias, a été intégrée dans l'annexe.

Une maison construite dans la maison

La particularité des deux nouveaux appartements locatifs, dont l'enveloppe répond au standard Minergie : ils n'ont pas été construits pour former un ensemble avec les autres édifices mais représentent bien plus un bâtiment distinct, intégré à la ferme existante. Ils ont été érigés selon le procédé conventionnel de la construction en bois, chaque poutre devant être acheminée à l'intérieur de la ferme, y être ajustée, puis installée. L'ossature de la ferme, la charpente, délimitait le cadre dans lequel les deux appartements locatifs devaient s'intégrer. Ceci a engendré la création d'un espace habitable en quelque sorte divisé en deux parties : l'intérieur des appartements locatifs et une « partie extérieure » – l'entrée et les loggias – qui est en réalité l'intérieur de la dépendance. La vue depuis les différentes pièces sort par conséquent de l'ordinaire : celles conçues comme chambres à coucher, offrent une vue sur les champs environnants, tandis que les fenêtres des autres pièces donnent sur l'annexe.

Cuisine de l'appartement locatif de cinq pièces.

Un système de chauffage écologique

Pour que les appartements s'harmonisent visuellement avec l'annexe, les maîtres d'ouvrage ont opté pour des matériaux bruts, non traités : épicéa, chêne et panneaux de particules de bois liées au ciment. L'épicéa a servi à la construction des appartements et du sol de l'entrée ainsi que pour les loggias, tandis que l'intérieur des appartements modernes a été équipé de parquet en chêne. Dans les deux appartements en copropriété appartenant aux maîtres d'ouvrage, l'ancien se mêle là aussi au nouveau – à l'image des poêles de masse, qui ont été conservés et servent fréquemment à l'entre-saison. Jusqu'à l'automne 2012, le réchauffement de base des quatre appartements sera encore assuré par un chauffage central à bûches. Ensuite, le bâtiment sera relié à un réseau de chauffage à distance au bois déchiqueté. Le chauffage est également garant de la production d'eau chaude pendant l'hiver. A la belle saison cependant, cette tâche est assumée par les capteurs solaires placés sur la partie couverte de la rampe d'accès à l'annexe du bâtiment – encore un exemple concluant attestant de l'habileté des maîtres d'ouvrage à concilier les exigences les plus diverses.

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