Construire en tenant compte des personnes handicapées, c'est construire pour tous

Pour les personnes en situation de handicap, l'existence de logements exempts de barrières, offrant un maximum de mobilité sans obstacle architectural, revêt une importance décisive pour leur autonomie. Depuis 2004, la loi sur l'égalité pour les handicapés définit le standard minimum à respecter dans le cadre de la construction adaptée aux handicapés.

Les obstacles architecturaux causent de grandes  difficultés aux personnes en situation de handicap.
Les obstacles architecturaux causent de grandes difficultés aux personnes en situation de handicap.

(pp) Les obstacles architecturaux causent de grandes difficultés aux personnes en situation de handicap. Même si la situation a beaucoup évolué ces dernières années, on continue à semer des embûches aux personnes handicapées – que ce soit par inadvertance, par inconscience ou par pure ignorance. Les personnes à mobilité réduite se heurtent régulièrement à des défauts de construction et de conception qui restreignent leur liberté de mouvement.

La loi sur l’égalité pour les handicapés (LHand) définit le standard minimum

En soi, la situation de départ est pourtant claire : les multiples parties impliquées dans la construction d'un bâtiment doivent toutes se familiariser avec la situation et tenir compte des intérêts des personnes handicapées dans leurs plans et concepts. Il faut insister sur le terme « doivent », car depuis 2004, la loi sur l'égalité pour les handicapés (LHand) définit aussi le standard minimum de la construction adaptée aux handicapés dans les immeubles d'habitation, les bâtiments comprenant des places de travail ou les constructions et installations d'accès public. Ces droits fondamentaux minimaux s'appliquent à toute la Suisse et complètent les prescriptions cantonales sur la construction, qui sont généralement plus sévères dans le cas d'un immeuble d'habitation.

Construire dans l'intérêt de tous

Depuis le 1er janvier 2009, la norme SIA 500 « Constructions sans obstacles » est en vigueur. Elle a remplacé la norme en vigueur depuis 1998 « Construction adaptée aux handicapés ». La nouvelle appellation traduit le changement de philosophie : la norme SIA 500 est censée servir à tous – aux adultes, enfants, parents avec poussette ou personnes âgées, tout comme aux personnes en situation de handicap. La nouvelle norme, fruit de la collaboration avec des centres de compétences déterminants et des organisations de personnes handicapées, ne veut donc pas se contenter d'imposer des solutions spéciales pour les handicapés. Elle se voue à débarrasser au maximum l'environnement construit de ses innombrables obstacles afin de permettre leur accès et leur utilisation à tout le monde. Ce faisant, elle prend aussi en compte le vieillissement croissant de la population, car la construction sans obstacles est toujours une construction adaptée à tous les âges.

En ce qui concerne les immeubles d'habitation, la norme SIA 500 a remédié à la formulation incomplète et confuse antérieure. Conformément au nouveau concept, les immeubles d'habitation ne doivent pas être entièrement adaptés aux handicapés dès le début. Il suffit qu'ils puissent être fréquentés par des personnes en situation de handicap, aidées éventuellement par des tiers et, si besoin est, adaptés à peu de frais aux besoins individuels.

Soutien des centres de compétence

La norme SIA 500 fixe le cadre légal. Pour toute demande de conseils ou question relative à la subvention des constructions adaptées aux handicapés, il existe des centres de compétences régionaux qui soutiennent et informent les différentes parties. Ces centres sont financés par des organisations de handicapés comme Procap et Pro Infirmis, dont les spécialistes examinent l'adaptation aux personnes handicapées des projets de construction et apportent tout leur soutien en cas de problèmes. La coordination est assurée par le centre pour la construction adaptée aux handicapés. De manière générale, il est conseillé de faire appel le plus tôt possible à des spécialistes lors de la planification d'une nouvelle construction ou de la transformation d'un bâtiment.

La construction adaptée aux handicapés n'est pas forcément chère

Bien que l'on redoute souvent que la construction adaptée aux handicapés soit trop onéreuse, cette crainte n'a pas de fondement. C'est ce qu'a révélé, il y a déjà plusieurs années, une étude du Fonds national. En résumé, elle démontre que l'absence d'obstacles revient d'autant moins cher qu'on la prévoit tôt. Le mieux est de planifier, dès le début, des bâtiments sans obstacles, pour permettre leur accès à toutes les utilisatrices et tous les utilisateurs. Une solution qui ne revient pas cher puisqu'elle ne représente en moyenne que 1,8 % du prix des travaux de construction, dont un tiers seulement pour des mesures qui servent uniquement à des personnes en situation de handicap. Tout le monde profite du reste. Ces chiffres expriment une valeur moyenne et peuvent varier : surtout dans le cas de travaux de transformation de petite envergure, des frais supplémentaires peuvent peser plus, alors que dans le cas de bâtiments plus importants et de nouvelles constructions, ils sont bien souvent à peine perceptibles.

Avec l'entrée en vigueur de la loi LHand en 2004, un droit de plainte et de recours a également été introduit pour les particuliers et les organisations de personnes handicapées. Cette mesure permet aux personnes concernées de s'élever à bon droit contre les maîtres d'ouvrage et les autorités.

Image Point (INSADCO Photography) Imprimer l'article